Rosa Djaoud, Musée d’Orsay :”Grâce à l’école, le musée peut s’adresser et s’ouvrir à tous les jeunes.”

Rosa Djaoud, responsable de projets éducatifs au Musée d’Orsay et co-auteure de la série d’ouvrages Histoire des arts à l’école a répondu à nos 3 questions sur l’exposition “Le modèle noir d’Achille à Zinèbe”. Chargée de ce projet, elle partage avec nous sa genèse.

Cultures en dialogue : Comment est née l’idée du projet ?

Ce projet est né il y a un an d’une rencontre entre Madame Sylvie Lay, inspectrice d’arts plastiques de l’académie de Paris, Monsieur Brice Sicart, inspecteur d’arts plastiques de l’académie de Créteil et l’un des commissaires de l’exposition Le modèle noir de Géricault à Matisse. Ensemble, ils ont parlé des enjeux de l’exposition que le commissaire leur a alors présenté. Nous avons ensuite souhaité nous engager avec eux dans un partenariat Musée d’Orsay – Éducation nationale en privilégiant l’approche par la pratique artistique. Ces deux inspecteurs d’arts plastiques ont donc chacun choisi au sein de leur académie plusieurs professeurs intéressés par le sujet. Ces professeurs ont eux accompagné une ou plusieurs de leurs classes dans un travail de réflexion sur le contenu de l’exposition en amont de son ouverture. Ce travail a mené à la réalisation d’une centaine de productions plastiques par des élèves dont 43 ont été présentées sur la passerelle du quatrième étage du Musée d’Orsay.

Cultures en dialogue : Quelles sont les principaux messages ou préoccupations portés par les élèves dont les toiles sont exposées ?

Le sujet de l’exposition, les questionnements qu’elle soulève et, surtout, le corpus d’œuvres de référence sur lequel les élèves ont travaillé, les ont amenés à exprimer des réflexions très diverses sur leur rapport à eux-mêmes, d’abord, aux autres et au regard des autres, ensuite, à leur propre famille parfois aussi, et à leur histoire personnelle. Les plus jeunes avaient le souci de voir dans ces œuvres et dans ce sujet tout ce qui peut les unir avant tout, les rassembler et non les diviser. Les plus âgés ( classes de 1ère et de terminale) ont réalisé des productions plus engagées mais qui toutes invitent à voir la société actuelle sous un angle plus généreux, plus ouvert et plus optimiste qu’on ne la voit parfois. Tous ont envisagé cette exposition d’abord comme un beau sujet qui permet de se poser – mais sans s’opposer les uns aux autres – des questions de fond: qui sont nos modèles communs ? Peut-on connaître l’autre et se reconnaître en elle ou en lui, surtout s’il/elle est différent(e) ? Comment rendre visible ceux et celles que l’on ne voit pas ?

Cultures en dialogue : Avez-vous d’autres projets ou collaborations artistiques à venir avec d’autres musées ou institutions culturelles ?

Nous menons chaque année des projets collaboratifs qui impliquent des jeunes, avec d’autres institutions culturelles partenaires et/ou avec l’éducation nationale. Ceux pour l’année scolaire à venir sont encore en cours de définition. Ces projets menés à l’année permettent d’ancrer la fréquentation du musée dans la pratique personnelle des jeunes, et représentent de ce point de vue le levier de démocratisation culturelle le plus efficace. Grâce à l’école, le musée peut s’adresser et s’ouvrir à tous les jeunes.

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